InterviewPierre Ndebi : "On ne peut pas faire une course sans Asics"

Pierre Ndebi :

Pierre Ndebi, Directeur général de City-Sports Cameroun, nous parle de la rencontre avec Tara Sports qui a vu naître le bébé Marathon International City-Sports Asics de Douala.

Bonsoir Monsieur, comment vous portez-vous ?

En ce moment, je me porte très bien. C’est la fin de l’année. On espère que cette année va finir mieux qu’elle a commencé. De toute façon, il faut qu’elle finisse. Mais dans l’ensemble on va dire ça va bien.

Depuis combien d’années City-Sports est-elle installée au Cameroun ?

On ne compte plus le nombre d’années depuis notre installation. Nous en sommes à 25 ans au Cameroun. Nous considérons que City-Sports fait partie du Cameroun. Le Cameroun et City-Sports, ça fait UN, et on est content.

 25 ans d’existence avant une sortie dans un grand évènement sportif… Pourquoi avoir attendu 25 ans pour vous lancer enfin dans le naming d’un évènement ?

Je ne peux pas juger mes prédécesseurs. Je ne peux pas dire qu’ils n’ont rien fait ou qu’ils n’ont pas voulu faire. Moi, cela fait six ans que je suis là. J’ai aussi un passé de sportif (ancien champion de karaté en France). Par rapport aux autres pays où nous sommes aussi installés, il y a beaucoup d’évènements qui se passaient. Quand on va au séminaire, j’ai mes collègues qui disent on a fait ci, on a fait ça, et moi je reste en retrait. Je ne dis rien. Donc j’avais envie qu’on parle aussi du Cameroun, qu’on parle de mon pays. Et puis on s’est dit : pourquoi ne pas se lancer dans un grand évènement ? Nous avons eu la chance de rencontrer Tara Sports et d’être accompagnés par eux.

Qui est le chanceux finalement dans cette rencontre, Tara Sports ou City-Sports ?

(Rires…) On va se partager les chances. Parce que cela s’est fait de manière fortuite. Sans trop se prendre au sérieux, mais en étant très sérieux. Et puis les choses ont commencé comme ça, tout simplement. Je crois que c’est un juste mélange des deux.

Vous avez plusieurs marques à City-Sports, mais vous choisissez la marque qui accompagne déjà le marathon de Boston aux USA et celui de Paris en France. Pourquoi avoir choisi Asics pour Douala ?

On aurait pu prendre Nike qui est la marque N° 1. Mais notre choix a été porté sur Asics parce que c’est le N° 1 du Running. On ne peut pas faire une course sans Asics. Voilà pourquoi nous avons pris Asics. Mais je suis d’accord avec vous, on représente toutes les marques aujourd’hui au Cameroun.

Boston c’est 56000 participants, Paris un peu plus de 35000. Vous croyez aussi faire autant la foule à Douala ? Vous n’avez pas peur ?

Pour vous dire honnêtement, on aurait 1500 ou 2000 personnes, que je serais très content. Maintenant, je ne connais même plus le vrai chiffre, je suis très haut là-bas aux anges.

C’est exactement 3150 participants pour le marathon…

Pour la première fois, c’est Waouh ! En plus c’est seulement sur le marathon. S’il faut ajouter à cela le nombre de personnes de la marche familiale (400 familles, soit 1200 personnes, ndlr). Et quand vous apprenez qu’au Cameroun on n’a pas organisé pareille course depuis 25 ans, c’est fabuleux. Je ne m’attendais pas à autant de monde. Ça a été un très grand succès. On ne sera jamais à la hauteur de Boston ou Paris, mais je puis vous assurer que pour la prochaine édition, on va doubler ou tripler en nombre de participants.

Plus besoin donc de vous demander votre sentiment pendant et après cette course du 29 octobre 2017…

C’est un sentiment de satisfaction qui nous anime. Nous avons vécu cette 1ère édition avec un grand sourire, le cœur qui battait à fond. Quand nous avons vu la foule, on s’est dit Waouh, c’est gagné ! Avec toutes ces couleurs-là, l’enthousiasme des Camerounais, l’envie qu’ils avaient, la joie qu’ils montraient, de voir la ville en ébullition, en pleine effervescence, je me suis dit : on a gagné notre pari. Et surtout après, il n’y a pas eu d’incident, et sur les podiums, il y a deux Camerounais (Foimi Justilin  chez les messieurs, et Stéphanie Nguilefack chez les dames, ndlr), c’était une belle journée.

Combien de temps cela vous a pris pour monter cet évènement avec Tara Sports ?

Quand on est tombés d’accord d’organiser ensemble, nous avons commencé les préparatifs en janvier 2017. Cela nous a pris dix mois pleins de préparation. Avec Tara Sports, on a pris beaucoup de temps, parce qu’on voulait que l’évènement soit à la hauteur de notre pays, à la hauteur de nos attentes. Et puis on voulait satisfaire notre ville Douala qui est une très belle ville.

Etes-vous prêts donc à repartir avec Tara Sports sur un an, deux ans  ou y a-t-il un contrat?

Je ne sais même plus si j’ai signé un contrat avec Tara. Je suis le genre de personne qui travaille beaucoup au feeling. Nous allons faire de façon que ça dure. Je ne peux pas vous dire si ce sera deux ans ou trois ans, mais l’année prochaine on sera encore là, et l’année d’après encore, et ainsi de suite.

Etes-vous satisfaits du rendu des médias dans ce marathon ?

On est complètement satisfaits du rendu des médias. Moi en tant que commerçant, mon objectif est que les Camerounais fassent de plus en plus de sports. Et en le faisant, ils vont se dire, il y a une maison pour les équipements, c’est City-Sports. Pour avoir des choses originales, à des bons prix, il y a un seul endroit, c’est City-Sports.

Vous êtes une multinationale. Après votre rapport sur le marathon, quels sont les retours des patrons ?

C’est un retour très positif. C’était déjà dire Waouh ! Plus de 3000 personnes pour la première fois, seulement pour le marathon, bravo ! Ils étaient émerveillés, et Asics, ils sont aux anges. Les retombées sont très positives.

Comment se porte l’entreprise depuis votre arrivée ?

On va dire qu’on n’est pas à plaindre. Ça va. Les temps sont durs comme pour beaucoup de gens, mais on arrive encore à sortir notre épingle du jeu.

Avec l’arrivée du marathon devant votre boutique d’Akwa, le départ et l’arrivée de la marche familiale, c’était un déploiement pour la réception de plus de 10000 personnes à la fois en un jour. Qu’est-ce que ça coûte en termes d’énergie à déployer ?

En termes d’énergie, ça m’a épuisé. J’ai perdu 3 kilos. Tout se joue pratiquement en trois jours. Vous faites la préparation en 10 mois, et vous êtes évalués pendant trois jours. La nuit d’avant on ne dort pas, puisque le marathon commence à 7h du matin. Mais c’est de la bonne souffrance, et à la fin, que du bonheur ! C’est pour cela qu’on est prêt à repartir.

Êtes-vous fier d’avoir valorisé Douala ?

Mon objectif premier, c’était de faire connaître la ville. Douala est une belle ville. Et c’est seulement en la traversant dans la course à pieds qu’on peut s’en rendre compte.